Faisant partie des sociétés de patrimoine, tout comme les sociétés de portefeuille, la SCI est une forme juridique qui offre de nombreux avantages. En France et dans les départements d’outre-mer, elle est créée aussi bien par une personne morale (société) que physique (particulier) sans condition de nationalité.

Toutefois, il existe des différences notables entre les sociétés civiles immobilières françaises et monégasques. Le but de cet article est de montrer en quoi les SCI à Monaco sont différentes de celles de la France.

Qu’est-ce qu’une SCI ?

Une SCI, qui est l’abréviation de Société Civile Immobilière, désigne en droit français une société civile, donc non commercial, ayant vocation à détenir un bien immobilier. Elle a l’avantage de permettre à plusieurs personnes de détenir un bien immobilier et de simplifier la transmission entre elles. Sa forme juridique se caractérise par sa souplesse en termes de création.

Pour créer ce type d’entreprise, il faut accomplir quelques formalités que l’on peut regrouper en plusieurs grandes étapes.

Tout d’abord, la rédaction de statuts qui englobe l’ensemble des règles de fonctionnement de la SCI. Ceux-ci doivent être rédigés et signés par tous les associés, qui sont au minimum deux. Une fois les statuts écrits dans le strict respect de la législation en vigueur, ceux-ci doivent être déposés au Centre des impôts dont dépend le siège social de la société civile immobilière en constitution. Cette procédure est entièrement gratuite.

Ensuite vient l’étape de la publication de la SCI dans un journal d’annonces légales. Dans ce cas, les principales informations qui la concernent doivent figurer dans l’avis de publication. On peut citer entres autres l’identité du gérant, le capital social et la dénomination sociale.

Enfin, la dernière étape de la constitution de ce type d’entité permettant une meilleure gestion d’un patrimoine immobilier entre plusieurs personnes est son inscription au Registre du commerce et des sociétés. Pour ce faire, tous les documents relatifs à la SCI naissante sont déposés auprès du Tribunal de commerce.

La société civile immobilière offre de multiples avantages. Ainsi par exemple, en cas de revente du bien immobilier, à travers une cession des parts de la SCI, il n’y a pas d’intervention obligatoire du notaire, ce qui n’est pas le cas lors d’une vente classique. De plus, cette forme juridique évite l’indivision, source potentielle de difficultés, entre les différents associés. Le gérant d’une SCI peut par conséquent prendre ses propres décisions en dépit des blocages liés à un désaccord entre les associés. Elle est intéressante au niveau de la fiscalité en offrant un avantage fiscal non négligeable lors de la transmission. Pas étonnant donc que la SCI connaisse un succès grandissant.

Les différences entre une SCI monégasque et une SCI française

Il existe certaines différences entre les SCI monégasques et françaises notamment au niveau de la fiscalité.
Dans un premier temps, la politique fiscale de la France relative aux biens immobiliers est moins souple que celle de la principauté de Monaco. Depuis 2011, les règles concernant la fiscalité des donations et successions ont été alourdies. En clair, une société civile immobilière monégasque est soumise à un traitement fiscal plus souple et plus simple que celui d’une SCI française.

Ensuite, une SCI située à Monaco permet à ses associés de bénéficier de plus de confidentialité qu’une SCI localisée en France. Contrairement aux sociétés civiles immobilières françaises pour lesquelles il existe un registre public consultable à tout moment, celles de la principauté n’en possèdent pas. Ce qui signifie que des informations concernant l’identité des associés ne peuvent pas être révélées. A Monaco, le public n’a accès qu’à des renseignements se limitant uniquement au nom de la SCI, son adresse ou encore à son siège social.

Les associés d’une SCI monégasque sont moins taxés que ceux d’une SCI française. Pour preuve, ils ne sont pas soumis au paiement de droits de succession entre parents et enfants, ce qui constitue un avantage fiscal non négligeable.

C’est de la convention entre la France et la Principauté de Monaco concernant les modalités de règlement des successions signée le 1er avril 1950 que les associés d’une société civile immobilière monégasque tirent cet avantage. Celle-ci a pour objectif d’éviter les doubles impositions entre ces deux Etats. Ainsi par exemple, c’est à l’impôt sur les successions de Monaco que sont soumises les parts d’une SCI monégasque possédant des immeubles en France et appartenant à un résident monégasque décédé en France. C’est ce qu’a décidé la Cour de Cassation le 2 octobre 2015.

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